Qu'est-ce que le spectre UV et pourquoi est-il important ?
La lumière du soleil n'est pas seulement une question de chaleur. Son spectre est très large : bien qu'une très petite partie soit constituée d'UV (ultraviolets), cette partie crée les conséquences photobiologiques les plus importantes pour la peau. Il existe trois groupes principaux : les UVA (320–400 nm), les UVB (290–320 nm) et les UVC (200–290 nm). Les UVC sont largement bloqués par la couche d'ozone ; ce sont les UVA et les UVB qui intéressent réellement la peau au niveau du sol.
Les UVB restent à la surface ; ils sont au centre des brûlures, des rougeurs et des dommages à l'ADN. Les UVA, en revanche, pénètrent plus profondément ; ils atteignent le derme, causent des dommages à l'élastine et au collagène, et sont la principale source de photovieillissement à long terme et d'augmentation de la pigmentation. Même par temps nuageux, une grande partie de la charge d'UVA persiste.
Lumière visible et infrarouge : la nouvelle génération de photomenaces
Des études menées au cours des 10 dernières années ont montré que non seulement les UV, mais aussi la lumière visible de haute énergie (HEVL) et l'infrarouge A (IR-A) sont significatifs pour le photovieillissement et, en particulier chez les peaux foncées, pour l'hyperpigmentation. Par conséquent, l'importance des écrans solaires contenant non seulement des filtres UVA/UVB, mais aussi des composants minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane) et pigmentés a augmenté.
Chez les patients atteints de mélasma ou sujets aux taches, un filtre chimique seul peut ne pas suffire. Le choix de l'écran solaire approprié sera abordé plus loin dans cette section, nous nous concentrons ici sur la compréhension du contexte biologique.
Dose d'UV et timing
L'indice UV (UVI) varie en fonction de l'heure de la journée, de la géographie et de la saison. En Turquie, de juin à août, entre 11h00 et 16h00, l'UVI atteint généralement 8-10 ; c'est la bande "très élevée" et "extrême". Pendant ces heures, la protection solaire n'est pas seulement une nécessité esthétique, mais aussi médicale.
La plupart de mes patients disent "je ne brûle pas". Cependant, chez les patients à peau foncée, les dommages causés par les UVA sont cumulatifs ; même des doses qui ne provoquent pas de brûlures déclenchent des dommages au collagène et une accumulation de pigments. L'exposition au soleil n'est pas une question de "ressenti", mais d'accumulation.
- En Turquie, l'UV est à son maximum entre 11h00 et 16h00.
- Un jour nuageux laisse passer jusqu'à 70 % des UVA.
- L'eau et le sable peuvent augmenter la charge d'UV de 20 à 80 % par réflexion.
- Une vitre bloque les UVB mais laisse passer les UVA ; des dommages se produisent même en conduisant.
- L'ombre réduit la dose totale mais n'annule pas les UV.
Note clinique :Je vois souvent lors du suivi des patients : le patient qui dit "je ne reste pas à la plage" présente des signes intenses de photovieillissement sur les mains, la zone V du cou et le front. La raison en est l'exposition quotidienne, inconsciente et accumulée aux UV.
Effets de l'exposition aux UV sur la peau
À court terme, on observe des brûlures, des rougeurs et une inflammation aiguë. À moyen terme, le bronzage est en fait une réponse de défense ; c'est la réponse de la peau aux dommages à l'ADN. À long terme, la perte de collagène, l'élastose, les lentigos solaires (taches de vieillesse), les kératoses actiniques et les cancers de la peau entrent en jeu.
Selon les données de l'Académie américaine de dermatologie, 80 à 90 % des changements cutanés liés au vieillissement ne sont pas chronologiques, mais photographiques, c'est-à-dire causés par les UV. En d'autres termes, une grande partie de ce que l'on appelle le vieillissement est en fait un dommage solaire. Cette information fait de l'écran solaire non pas un luxe, mais un outil de santé.
Le paradoxe de la vitamine D : le soleil est-il bon ou mauvais ?
Le patient demande souvent : "Si les UV sont si nocifs, qu'en est-il de la vitamine D ?" C'est une question importante. La vérité est que quelques minutes d'exposition contrôlée aux UVB sur la peau suffisent pour la synthèse de la vitamine D. Quelques minutes sur les bras et les jambes, 2 à 3 jours par semaine, en dehors des heures de pointe de l'UVI, suffisent pour la plupart des individus en bonne santé.
Cependant, chez les patients sujets aux taches, atteints de mélasma ou ayant des antécédents de cancer de la peau, essayer d'obtenir de la vitamine D du soleil n'est pas logique en termes de rapport risque-bénéfice ; la vitamine D peut être supplémentée par voie orale et le taux sanguin est surveillé. L'argument selon lequel l'écran solaire bloque la vitamine D est largement invalidé dans la littérature actuelle.
Attention :Un coup de soleil n'est pas une punition, c'est un signal d'urgence envoyé par la peau. Soumettre une peau brûlée à des traitements agressifs (peeling, laser, rétinoïdes) dans les 48 heures suivantes est risqué et incorrect.
Les quatre couches de la photoprotection
La photoprotection moderne ne se limite pas à l'application de crème. Je préconise une approche à quatre niveaux : comportementale (éviter les heures de pointe), physique (vêtements anti-UV, chapeau à larges bords, lunettes de soleil anti-UV), topique (crème solaire) et systémique (soutien antioxydant, nutrition).
Lorsque ces quatre couches fonctionnent ensemble, une protection efficace commence. Se fier uniquement à la crème solaire n'est pas suffisant en pratique ; car la plupart des patients n'en appliquent pas une quantité suffisante, de sorte que le véritable SPF reste très faible. Dans les sections suivantes, j'expliquerai en détail la logique d'une application correcte.
Cancer de la peau et examens réguliers
Le mélanome, le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde sont les cancers de la peau les plus courants. La grande majorité d'entre eux sont traités avec succès grâce à un diagnostic précoce. Il ne faut pas oublier que l'exposition accrue au soleil pendant les mois d'été en Turquie est la pierre angulaire des cas de cancer qui se développent des décennies plus tard.
Règle d'or : après 30 ans, un examen dermatologique au moins une fois par an, montrer au médecin les grains de beauté "nouveaux" ou "changeants" suspects, connaître la règle ABCDE (Asymétrie, Bord, Couleur, Diamètre, Évolution). Si des antécédents familiaux de cancer de la peau existent, ou pour les patients ayant de nombreux grains de beauté, une peau claire et une exposition solaire intense tout au long de leur vie, le suivi peut être plus fréquent.
Photo-allergie et photo-toxicité
Certains médicaments (tétracycline, amiodarone, furosémide, certains AINS, certains médicaments psychiatriques) et composants cosmétiques (huile de bergamote, parfums) peuvent provoquer une réaction cutanée mal reconnue lorsqu'ils sont combinés au soleil. Ces réactions ressemblent parfois à un coup de soleil, parfois à un tableau d'eczéma.
Lorsque vous commencez un nouveau médicament, demandez à votre médecin l'interaction avec le soleil. N'appliquez pas de parfum contenant de la bergamote sur le visage ; faites attention au contact avec l'huile d'agrumes.
Essence du chapitre :Les UV sont une charge tout au long de l'année. Bien que l'intensité saisonnière augmente, l'habitude de protection elle-même n'est pas saisonnière ; elle doit devenir une habitude à vie, tant sur le plan esthétique que médical.