Télomère : l'extrémité du lacet de chaussure aux extrémités des chromosomes
Aux extrémités de nos chromosomes se trouvent des séquences d'ADN répétées ; ces structures sont appelées télomères. Le télomère est comme l'extrémité en plastique d'un lacet de chaussure — il maintient l'ADN intact, empêchant les extrémités de coller ensemble ou de se dégrader. Chaque fois qu'une cellule se divise, une partie de son télomère raccourcit. Lorsque le télomère tombe en dessous d'une certaine longueur, la cellule ne peut plus se diviser — elle entre dans un état appelé "sénescence réplicative".
Ce mécanisme est un système de sécurité de la nature : les cellules qui peuvent se diviser indéfiniment deviennent cancéreuses. Le raccourcissement des télomères ne permet pas aux cellules de se diviser sans limite. Mais le prix de cette sécurité est une diminution de la capacité de renouvellement des tissus au fil du temps. Lorsque les télomères des cellules souches de la couche basale de la peau raccourcissent, le temps de renouvellement de la peau s'allonge (cette période, qui est de 28 jours à 20 ans, passe à 40-50 jours à 50 ans).
Sénescence : cellules qui ne fonctionnent pas mais ne meurent pas
Lorsque le télomère atteint un niveau critique ou que la cellule subit des dommages importants à l'ADN, la cellule choisit deux voies : l'apoptose (mort programmée) ou la sénescence (arrêt silencieux). Une cellule sénescente ne meurt pas ; mais elle ne se divise pas et perd sa fonction. Le problème est le suivant : ces cellules ne sont pas non plus silencieuses. Elles émettent un ensemble de signaux biochimiques appelé SASP (Phénotype Sécrétoire Associé à la Sénescence). Ces signaux déclenchent l'inflammation, augmentent la collagénase et poussent les cellules voisines à la sénescence.
Dans la littérature scientifique, ces cellules sont désormais appelées "cellules zombies". L'accumulation de ces cellules zombies est peut-être le facteur le plus important du vieillissement cutané. Dans une peau jeune, le taux de cellules sénescentes est inférieur à 1 % ; à 70 ans, ce taux peut atteindre 15 à 30 %.
Attention :L'exposition chronique aux UV est le facteur unique le plus puissant qui accélère la sénescence des fibroblastes. C'est pourquoi le SPF n'est pas seulement un outil de prévention des taches, mais aussi un outil de protection de la durée de vie cellulaire.
Sénolytiques : chasseurs de zombies
Depuis 2011, une classe de médicaments appelés sénolytiques est développée dans le monde scientifique. Les sénolytiques sont des molécules qui poussent sélectivement les cellules sénescentes à la mort. Dans les études animales, l'élimination des cellules sénescentes a été associée à un rajeunissement fonctionnel, à une amélioration de la fonction des organes et à une prolongation de la durée de vie. Dans les applications cliniques humaines, les sénolytiques en sont encore à leurs débuts ; cependant, certains composés végétaux (fisetine, quercétine) et médicaments (dasatinib) montrent un effet sénolytique.
Des sénolytiques topiques ont commencé à être développés spécifiquement pour la peau. Les études pionnières dans ce domaine ont été réalisées avec des combinaisons de quercétine et de fisetine. Dans ma clinique, je n'ai pas encore de protocole sénolytique de routine — les données n'ont pas atteint une maturité suffisante. Cependant, ce domaine semble devoir modifier radicalement la pratique de la longévité cutanée au cours des 5 prochaines années.
Cellules dans une peau jeune
- La couche basale se divise activement (renouvellement de 28 jours)
- Haute densité de collagène de type I
- Fibroblastes sains, bonne sécrétion
- Taux de cellules sénescentes inférieur à 1 %
- Faible signal SASP, inflammation minimale
Cellules dans une peau vieillissante
- Renouvellement prolongé à 45-60 jours
- Collagène diminué, fragmenté
- Fibroblastes à capacité limitée
- Taux de cellules sénescentes augmenté à 10-20 %
- Inflammation chronique de faible niveau due au SASP